Débâcle informatique au SECO : le nouveau système à 201 millions paralyse les caisses de chômage

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Mains d'un technicien informatique insérant un composant matériel dans un rack de serveurs.

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Malgré les avertissements répétés des cantons dès 2025, le nouveau logiciel du SECO connaît des pannes majeures, retardant le versement des indemnités de milliers de chômeurs. Le monde politique s’empare du dossier.

Le lancement du nouveau système informatique de paiement du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), facturé 201 millions de francs, vire à la crise majeure. Depuis son introduction en janvier, des pannes à répétition paralysent les caisses de chômage, laissant des milliers de bénéficiaires dans l’attente de leurs indemnités. Au sein du syndicat Unia, on évoque même « la plus grande crise lors d’un changement informatique ».

Des avertissements cantonaux ignorés

Pourtant, cette situation chaotique était prévisible. Dès juillet 2025, le Contrôle fédéral des finances et les autorités cantonales avaient tiré la sonnette d’alarme, qualifiant les plans du SECO de « non réalistes et non praticables ».

Lors d’échanges tendus, plusieurs représentants cantonaux avaient anticipé la crise :

  • En Valais : Le chef de section s’était inquiété de la gestion d’une très forte affluence (jusqu’à 250 inscriptions par jour en hiver) durant l’interruption de transition, pointant du doigt le manque de solutions d’urgence du SECO.
  • À Saint-Gall : Le responsable informatique avait prédit avec justesse que le redémarrage des systèmes provoquerait une surcharge massive, faisant s’effondrer les serveurs.

Ces craintes se sont matérialisées lorsque plus de 145 000 chômeurs ont tenté de se connecter simultanément pour récupérer leurs formulaires au début de l’année.

Le SECO minimise l’ampleur du problème

Face à la tempête, le SECO adopte une posture rassurante. Si la direction reconnaît certaines erreurs, qu’elle impute en partie aux anciens responsables du projet, elle estime qu’il est impossible de simuler parfaitement la réalité lors d’une telle transition.

Jérôme Cossandey, chef de la Direction du travail au SECO, qualifie les dysfonctionnements de « négligeables » et affirme que la situation s’est déjà normalisée. Selon les chiffres officiels, plus de 90 % des paiements de janvier (soit 270 millions de francs) auraient déjà été versés avec succès.

La politique fédérale exige des comptes

Ces explications ne suffisent toutefois pas à apaiser la grogne politique. Face à l’explosion des coûts (201 millions de francs) pour un outil défaillant, le Parlement fédéral a décidé d’intervenir :

  • La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) a d’ores et déjà auditionné les responsables du SECO.
  • Les commissions de gestion des deux Chambres se penchent sur le dossier pour examiner les faits en détail.
  • La Délégation des finances va également scruter l’utilisation de ce budget colossal.

Pour les 32 caisses de chômage du pays, qui travaillent d’arrache-pied pour rattraper les retards, l’urgence reste d’assurer les paiements, alors que le SECO se retrouve désormais sous haute surveillance politique.

En somme, le fiasco informatique du SECO illustre de manière flagrante les conséquences désastreuses d’un projet fédéral pharaonique déployé au mépris des signaux d’alerte émis par le terrain. Alors que le Parlement exige désormais des comptes sur l’utilisation de ces 201 millions de francs, la priorité absolue reste de rétablir un système fiable pour ne plus pénaliser les milliers de chômeurs qui dépendent de ces indemnités pour vivre.

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