Un bug logiciel majeur et un manque de ressources ont empêché le suivi des inspections incendie à Crans-Montana durant plusieurs années. Écoles et lieux publics sont concernés.
Les répercussions de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana mettent en lumière une situation inquiétante : durant plusieurs années, le suivi des contrôles de sécurité incendie de la station n’a pas été assuré. En cause ? Une combinaison critique entre défaillances technologiques et manque de ressources humaines.
Une mise à jour logicielle aux lourdes conséquences
Selon les informations révélées par la presse dans le cadre de l’enquête, le chef de la sécurité de la Commune a pointé du doigt une grave défaillance technique. À la suite d’une mise à jour du logiciel de gestion municipal, l’historique des inspections s’est volatilisé. Il est devenu impossible de savoir quels bâtiments avaient été contrôlés ni à quelle date.
Face à la perte de ces fichiers cruciaux, les équipes ont tenté de reconstituer les données manuellement, sans succès. Le responsable de la sécurité aurait alors sollicité des renforts auprès de la Commune pour rétablir un suivi opérationnel, mais sa requête a été refusée.
Des écoles et infrastructures dans l’angle mort
Cette perte de données ne se limite pas aux seuls établissements commerciaux (hôtels, bars, restaurants). L’ensemble des bâtiments accueillant du public est concerné. Selon une liste obtenue par la SonntagsZeitung, plusieurs sites, incluant des écoles et des infrastructures communales, n’auraient tout simplement jamais fait l’objet d’un contrôle incendie.
La vulnérabilité d’une dépendance à un prestataire unique
L’affaire révèle également une faille structurelle majeure : les systèmes informatiques de plusieurs polices municipales valaisannes et des pompiers cantonaux reposaient sur les épaules d’un seul informaticien indépendant.
À la suite de l’interpellation de ce prestataire au début de l’année 2023, les logiciels qu’il administrait ont été désactivés, privant soudainement les services publics de leurs outils de travail. Le Canton du Valais a par la suite refusé au responsable de la sécurité l’accès au dossier technique de cet informaticien, l’empêchant de comprendre l’architecture des systèmes défaillants. L’enquête en cours devra déterminer la part de responsabilité de ces lacunes technologiques et organisationnelles dans ce fiasco sécuritaire.
En définitive, cette affaire met en exergue les dangers d’une transition numérique mal encadrée et d’une trop forte dépendance à un prestataire unique. Pour Crans-Montana, l’enjeu est désormais double : faire toute la lumière sur les responsabilités liées à ces négligences et rebâtir d’urgence un système de suivi robuste pour garantir la sécurité de l’ensemble de ses infrastructures publiques.

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